Truffle 100 2017 : entre croissance et freins pour l’édition de logiciels

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De nombreuses études sont régulièrement éditées sur le secteur de l’édition de logiciels, avec des visées pourtant différentes. Le Truffle 100 a pour particularité de reposer les chiffres de l’édition logicielle dans leur contexte gouvernemental et technologique.

 

Truffle Capital, société d’investissement dans l’innovation et le CXP, Centre d’Expertise des Progiciels, cherchent à comprendre le secteur de l’édition de logiciels. Ils s’attachent surtout à l’analyse de l’évolution du marché, dans la valeur, les emplois et les innovations qu’il produit. Depuis 2011, ils éditent le Truffle 100, le palmarès des 100 premiers éditeurs de logiciels français. L’analyse complète peut être retrouvée sur le site dédié www.truffle100.fr, ainsi que celles des années précédentes.

Les 100 éditeurs de logiciels mis à l’honneur sont sélectionnés suite à une enquête par questionnaire auprès des participants, parfois complétée par des données externes.

Cette huitième édition du Truffle 100 est intéressante par rapport à d’autres analyses sur le sujet, non seulement pour les chiffres qu’elle présente, mais surtout pour les questions sur le marché de l’édition logicielle qu’elle soulève.

 

 

Les solutions proposées par ces éditeurs sont principalement des progiciels technologiques de type gestion de processus, de contenu ou de pilotage de l’informatique. Viennent ensuite les progiciels de gestion comme les ERPs, la Business Intelligence ou la logistique. Enfin, les progiciels pour les métiers de l’industrie ou des services aux entreprises constituent le reste du marché.

Les opérations de fusions-acquisitions demeurent peu monnaie courante dans le secteur. Seule SOPRA STERIA a réalisée l’acquisition notoire de l’éditeur de solutions de financement et de gestion des actifs CASSIOPAE, classé 23ième en 2015. Dans une moindre mesure, GFI et ISAGRI, logiciels pour l’agriculture, l’élevage et la viticulture s’offrent respectivement le 98èmeet le 99ème du classement 2015.

D’une manière généralement le classement de tête reste sensiblement le même malgré quelques fluctuations. Des sociétés comme Prologue, dématérialisation, cloud et communication, ou TalentSoft, logiciels RH réalisent cependant de belles progressions : +69 places pour la première et +65 pour la seconde depuis 2012.

 

Une croissance de 5,3%

 

Le chiffre d’affaires des 100 premiers éditeurs de logiciels a bondit de 5,3% depuis la précédente édition de 2016, pour atteindre les 7,9 milliards d’euros. Le premier de ce classement, Dassault Systèmes pèse lourd dans l’équation car il représente à lui seul 34% du chiffre d’affaires de l’édition logicielle de 2016, soit 2,7 milliards d’euros. Loin derrière Sopra Steria culmine avec 560 millions d’euros.

 

 

Plus de R&D

 

La part de l’effectif consacré à la R&D dans ces 100 entreprises reste sensiblement la même qu’en 2015, soit 16% de l’effectif total. L’édition de logiciel représente 120 milliers d’emplois dont 18 milliers dans la R&D. L’investissement en R&D a progressé de 5% en 2016, ce qui demeure une exception dans le paysage français comme le souligne Bernard-Louis Roques, co-fondateur et directeur général de Truffle Capital.

 

 

Il se félicite du dynamisme de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’émergence d’entreprises innovantes. Il voit dans le Crédit d’Impôt Recherche ou encore la BPI un terreau propice au dynamisme de la filière. Pourtant le retard de la France en matière de capital innovation est à déplorer par rapport aux Etats-Unis ou certains voisins européens. Bernard-Louis Roques a interrogé Fleur Pellerin, alors ministre déléguée aux PME, à l’innovation et à l’économie numérique, lors d’une interview, sur les solutions pour pallier le manque de capital innovation français. Elle le rejoint sur la nécessité d’arriver à drainer l’épargne des ménages, très élevée par rapport à son rendement, vers les entreprises.

Les éditeurs de logiciels appellent de leurs vœux, pour 36% des sociétés interrogées, des mesures publics susceptibles de faciliter le développement du capital risque. Pour 46%, l’enjeu réside aussi dans l’introduction d’un Small Business Act à la française qui réserverait une partie des appels d’offres publics aux PME (23%). Toujours dans cette même interview, Fleur Pellerin pointe les efforts du gouvernement en la matière pour faciliter l’accès des PME innovantes aux achats publics. Elle se félicite des synergies que mettent en place les start-up qui se regroupent pour répondre aux marchés publics.

 

Enjeu du SaaS

 

Selon le Truffle 100 2017, la part des 100 entreprises sélectionnées à proposer au moins une offre en mode SaaS a augmenté de 9% en un an, faisant du cloud computing et du SaaS la première tendance à tirer le marché de l’édition logicielle. Fait notable, en 2012, l’expérience client n’était même pas mentionnée, tout comme le  big data. A la différence, le cloud computing et le SaaS caracolaient déjà en tête.

 

 

Laurent Calot, Président de CXP Group, insiste sur la transformation numérique dont les éditeurs doivent être acteur. L’évolution du Cloud oblige les sociétés à muter leur modèle pour se contrer sur les avantages compétitifs d’aujourd’hui et de demain : les compétences et les partenariats. Laurent Calot souligne les difficultés de recrutement auxquelles le secteur fait face, ainsi que la défiance par rapport à la sécurité des applications Cloud. Plus tôt les entreprises s’engageront dans le processus, plus elles seront à même d’offrir une réponse cohérente au marché.

En tant qu’éditeur de logiciel, nous restons à l’écoute des tendances de notre secteur, des opportunités technologiques et de partenariat qui s’offrent à nous. Le récent changement de gouvernement laisse-t-il présager des évolutions à venir sur les sujets qui nous intéressent ?

 

 

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